Deuxième Congrès Africain de l’Éducation Catholique : retour sur le Pacte Éducatif Africain
Le Pacte Éducatif Africain, signé à Kinshasa le 6 novembre 2022, constitue une déclinaison africaine du Pacte Éducatif Global promu par le pape François en 2019 et approfondi par le Saint-Père, le pape Léon XIV, en 2025. Ce pacte recommande l’organisation d’un congrès africain dans l’une des universités catholiques engagées dans ce processus, afin de placer l’éducation catholique au centre des réflexions des experts et des échanges d’expériences des acteurs de terrain.
Après le premier Congrès africain de l’éducation catholique, qui s’est tenu à l’Université catholique de l’Afrique de l’Est du 7 au 10 décembre 2023 autour du thème de la restitution du Pacte Éducatif Africain, le deuxième Congrès africain de l’éducation catholique s’est déroulé à Nairobi, au Kenya, du 4 au 7 décembre 2025.
Trois universités catholiques ont accueilli cet événement ecclésial et éducatif du continent le plus jeune du monde : l’Université Tangaza, Hekima University College ainsi que l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest. Ce congrès était porté par la Fondation Internationale Religions et Sociétés et par l’Institut Pacte Éducatif Africain.
L’éducation catholique en Afrique au cœur d’une constellation éducative
Le thème du deuxième Congrès africain de l’éducation catholique était :
« L’éducation catholique et la promotion des signes de l’espérance dans le contexte africain ».
Cette thématique a été abordée par diverses catégories d’acteurs engagés dans la mise en œuvre du Pacte Éducatif Africain.
Parmi les participants figuraient notamment le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo et président du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), ainsi que le cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali au Rwanda et Grand Chancelier de l’Institut Pacte Éducatif Africain. Ce dernier est également président de la Commission pour les relations avec les conférences épiscopales et les congrégations religieuses pour le Pacte Éducatif Africain.
La présence et la participation active du cardinal Protase Rugambwa, archevêque de Tabora en Tanzanie, pays membre de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique de l’Est, ont également été soulignées.
Étaient aussi présents Mgr Philip Anyolo, archevêque de Nairobi, ainsi que plusieurs archevêques et évêques venus de différents pays africains. Des représentants du monde scientifique, issus d’universités catholiques africaines, mais aussi d’universités d’Europe et d’Amérique, ont également pris part au congrès. Les différents réseaux de l’éducation catholique et les coordinateurs nationaux du Pacte Éducatif Africain ont participé aux travaux avec un grand intérêt.
Quatre domaines à renforcer pour faire de l’éducation catholique un moteur de transformation de l’Afrique
Plusieurs axes majeurs ont structuré les conférences plénières, les ateliers et les discussions : la dignité humaine et la fraternité, le bien commun, l’écologie, ainsi que l’intégration des paradigmes éducatifs liés aux valeurs africaines.
Le cardinal Fridolin Ambongo a ainsi identifié différentes formes de souffrance qui affectent aujourd’hui les sociétés africaines : guerres fratricides, pauvreté, corruption, mauvaise gouvernance et autres défis majeurs. Selon lui, l’éducation catholique doit contribuer activement à répondre à ces problématiques.
Le cardinal Antoine Kambanda a, pour sa part, rappelé la nécessité de prévenir toute forme de violence dans les institutions éducatives catholiques, en plaçant les enfants au cœur de toutes les initiatives éducatives de l’Église.
Le cardinal Protase Rugambwa a souligné l’importance d’articuler de manière critique les valeurs évangéliques, les valeurs traditionnelles africaines et les valeurs modernes, afin d’offrir des repères solides aux nombreux jeunes fréquentant les institutions éducatives catholiques du continent.
Les interventions de plusieurs archevêques ont également marqué les débats. Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, a notamment insisté sur la place de l’éducation à l’écologie, dont il est l’un des promoteurs depuis les débuts du Pacte Éducatif Africain.
Mgr Jacques Assanvo Ahiwa, archevêque de Bouaké en Côte d’Ivoire, a quant à lui abordé la question de l’intégration des élèves issus de milieux défavorisés dans les institutions éducatives catholiques.
L’archevêque de Nairobi a rappelé la nécessité de promouvoir une éducation catholique en Afrique capable d’allier l’intelligence de la tête et l’intelligence du cœur.
Deux contributions épiscopales ont également enrichi les échanges : celle de Mgr Ernesto Maguengue, évêque d’Inhambane au Mozambique, consacrée à l’éducation à la culture de la vie face à la culture de mort présente dans certaines sociétés, et celle de Mgr Moses Chikwe, évêque auxiliaire d’Owerri au Nigeria, portant sur l’urgence d’éduquer au dialogue dans des contextes marqués par des tensions religieuses et ethniques.
L’intervention du père abbé Bernard Lorent Tayart sur la question des abus dans les institutions éducatives catholiques a également suscité un intérêt particulier auprès des responsables présents.
Les représentants de diverses universités catholiques africaines ont enrichi les discussions par des contributions théoriques et pratiques liées aux quatre domaines majeurs abordés durant le congrès.
Les coordinateurs nationaux du Pacte Éducatif Africain se sont réjouis de l’espace offert par l’Institut Pacte Éducatif Africain et la Fondation Internationale Religions et Sociétés pour échanger, partager les expériences et réfléchir ensemble aux opportunités comme aux défis rencontrés dans leurs pays respectifs.
Un message-programme du Saint-Père appelant à agir avec urgence
Les participants au Congrès africain de l’éducation catholique tenu à Nairobi ont accueilli avec joie et action de grâce le message du pape Léon XIV.
Dans ce message, le Saint-Père a salué le travail important mené par la Fondation Internationale Religions et Sociétés et par l’Institut Pacte Éducatif Africain pour soutenir les acteurs engagés dans ce projet, dont l’Afrique et le monde ont profondément besoin.
Le pape a toutefois souligné la nécessité de marquer un temps d’arrêt afin de procéder à un état des lieux de l’éducation catholique en Afrique. Comme il l’a rappelé :
« Aujourd’hui, de nombreux dirigeants et responsables politiques africains ont été formés dans nos écoles. Mais la situation sur le continent reste critique à plusieurs niveaux. »
Face à ce constat, il a invité les acteurs de l’éducation catholique à réinventer leurs pratiques éducatives afin de répondre aux défis actuels du continent. Cela implique notamment de renforcer les capacités institutionnelles et humaines des structures éducatives catholiques et de développer de nouvelles méthodologies pédagogiques.
Encouragements à l’Institut Pacte Éducatif Africain et perspectives
Dans un texte lu par le cardinal Protase Rugambwa, le préfet du Dicastère pour la culture et l’éducation, le cardinal José Tolentino de Mendonça, a exprimé ses encouragements à l’Institut Pacte Éducatif Africain.
Il a souligné que cet institut, véritable constellation éducative en faveur d’une éducation transformative, se met au service des institutions et des acteurs de l’éducation catholique en Afrique afin d’en améliorer la qualité et l’impact.
Le communiqué final du congrès de Nairobi annonce également la création de deux secrétariats au sein de l’Institut Pacte Éducatif Africain.
Le premier sera chargé de coordonner les échanges entre les institutions éducatives catholiques accueillant les plus jeunes, notamment les écoles primaires et secondaires, afin de renforcer leur enracinement dans la culture du Pacte Éducatif Africain.
Le second secrétariat assurera la coordination des universités catholiques africaines autour des orientations du Pacte Éducatif Africain.
Le troisième Congrès africain de l’éducation catholique se tiendra à l’Université catholique d’Angola en 2027. Il marquera les cinq ans du Pacte Éducatif Africain et aura pour thème :
« Le Pacte Éducatif Africain : cinq ans après. Réalisations et perspectives ».
Mgr Joaquim Tyombe, évêque d’Uíge, a été désigné comme référent canonique de cet événement ecclésial et éducatif continental.

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